Information - Désinformation
L’humour et les gags sont toujours et encore un moyen de passer un bon moment ou de sourire
avec ironie, voire d’esquisser du bout des lèvres et avec subtilité un certain sarcasme ou dans un rictus révélateur de montrer le ridicule d’une annonce, d’une
situation.
Alors cette fois le gag hilarant de la semaine est : Hamid Karzaï est –PROCLAME- vainqueur de la présidentielle en Afghanistan.
Wouaaaaaaaaaaaaaaah !! Incroyable. Mais où était donc caché David Copperfield ?
Après des élections truquées, tronquées et des fraudes dignes du regretté, feu Amin Dada, puis l’annonce
d’un second tour pour tenter de faire croire que les valeurs démocratiques n’étaient pas entachées et souillées de la bave acide des crapauds américano-afghans, le second candidat, Abdullah
Abdullah, se remet en lice pour essayer, en apparence, de remporter la présidentielle et satisfaire à l’exigence d’une partie du peuple.
Sur ce coup là les Afghans devaient être crédule et penser que le changement était enfin possible. Mais que nenni ! Enfin de compte pour un soi disant battant, lors de sa campagne, il se la joue super loser le Abdullah.
Alors était-il un candidat à la solde de Karzaï pour feindre le changement, enfin à la solde des Etats-Unis, ou des moyens lourdement coercitifs ont-ils été employés pour qu’il baisse sa culotte
aussi rapidement et sereinement ? On ne nous dit pas tout !
Oui c’est vrai, les talibans ont proféré une salve de menaces si il y avait un second tour. Mais n’est-ce pas étrange de la part de ces extrémistes de laisser la meilleure part au
lion ? Car in fine ces intégristes ont fait le jeu de Washington qui ne souhaitait qu’une seule et unique chose...voir leur petit Hamid rester le chef corrompu de ce pauvre pays
ravagé et spolié.
Mais restons optimiste ;!-))))) L’ONU et Obama assurent leur soutien au peuple afghan qui lui, évidemment, veut voir les occupants déguerpir au plus vite. Ces derniers souhaitent également trouver dans ce purin dit, stratégique, et dans ces miasmes politiques, une issue à la crise. Ah ouf !
Tout est bien qui finit bien. La corruption va pouvoir gangréner encore davantage le système et le pays, la CIA va continuer d’armer ses ennemis et ses
alliés, étendra son trafic d’opium avec l’aide du frérot de Karsaï et, enfin, malheureusement, le peuple continuera d'être massacrer au nom de cet énorme sophisme qui est : La
Démocratie.
Dans de telles circonstances, et après un tel simulacre électoral, il semble étrange que la réélection d’Ahmadinejad soit passée pour
frauduleuse aux yeux de ces donneurs de leçons. Non ?
C'est vrai, il est évident que pour instaurer une démocratie il faut qu'elle soit endogène, avec une réelle synarchie entre le peuple, les chefs tribaux et les politiques, et non instrumentalisée et corrompue à la base. Et cette Loya Jirga n'a été qu'un simulacre démocratique puisque certains de ses membres étaient soudoyés et qu'il n'y avait pas de votes organisés. C'est à dire un leurre.
Si en Iran vous avez fait un pas, je ne pense pas que celui-ci soit révélateur d'une volonté et d'une prise de conscience salvatrice pour une future démocratie. Car les éléments extérieurs au pays gangrènent les meilleures volontés en déviant les revendications intrinsèques.
Mais la démocratie n'est qu'un prétexte pour astreindre un pays à se plier aux exigences du plus fort. L'Asie centrale est stratégique pour les US pour encercler et circonscrire le développement de la Chine, de la Russie et en dernier de l'Iran, puis de s'approprier également les ressources énergétiques et les voies d'acheminement.
Les peuples, leur souffrance et leurs motivations, ils ne s'y intéressent pas. Ils s'en foutent.
En Iran, nous avons fait une révolution dans le sang. A l'époque Giscard et Carter qui détestaient le Chah ont décidé d'appuyer le mouvement révolutionnaire, cela a provoqué beaucoup de colère au niveau d'une élite iranienne. A l'époque beaucoup d'Iraniens dépités appelaient Giscard "le Singe". Il en a résulté une dictature qui devient toujours plus corrompue dans la mesure où il faut bien entretenir une clientèle au détriment du peuple.
Nous sommes conscients de l'impératif de trouver notre propre chemin et de réinventer la démocratie selon notre culture. Le chemin sera sans doute difficile parce que l'islam chiite n'est pas propice à la démocratie.
Ceci étant, nous attendons des personnes sincères un effort plus appuyée à l'effort démocratique. Les Iraniens souffrent beaucoup et l'Iran est un paradis infernalisé par le système. Ce parce que nos pères se sont laissés séduire par un homme qui ne pensait à sa propre gloire.
Aucune religion n'a sa place dans une démocratie, enfin surtout les trois religions polythéistes.
Mais il ne faut pas oublier que les Américains, comme toujours, avec leurs alliés, ont joué sur les deux tableaux. Ils ont mis en place le Chah puis avec le temps ils ont organisé sa chute
car ce dernier avait des ambitions qui ne correspondaient pas au plan occidental.
Mais, quoiqu'il en soit, l'Iran reste dans le monde un grand pays pacifiste. Et le libéralisme n'est pas un modèle non plus, il ne cesse d'en montrer les dangers et les démocraties sont les
seuls pays à faire la guerre aux autres et à les spolier. Est-ce ça l'avenir des peuples ?
Il n'y a aucun modèle, sauf de trouver effectivement sa propre voie dans l'évolution.
Le Chah qui avait élevé loin du peuple, ne connaissait pas le phénomène iranien, mais contrairement à gouvernants actuels, il aimait son pays. Les Pahlevis étaient des hommes d'Etat contrairement à leurs prédécesseurs(les Qadjars) et leurs successeurs (les mollahcrates).
L'historien iranien regrettera toujours que deux patriotes de valeur comme le docteur Mossadagh et le Chah n'aient pas pu trouver un terrain. Le Chah, qui était un homme faible, s'est fait manipulé par le biais de l'impératrice Soraya à l'époque. Enfin c'est le triste destin de notre pays...
Il faut savoir créer un cadre pour la démocratie. Les E-U ou UE sont certes incapables de le faire à la place des Persans(Iraniens, Afghans ou Tajik) mais il importe de se garder de toute forme de soutien aux régimes dictatoriaux en place.
Or il semble qu'une démocratisation de la Perse apparait incompatible avec les intérêts de certaines multinationales qui influent sur les politiques. Sans la menace du nucléaire, le mouvement démocratique en Iran aurait été écrasé dans l'indifférence de l'Occident, on aurait assisté à des prises de position à la Ponce-Pilate.
Il est possible d'accélérer partout un processus démocratique endogène. La loya Jirga de 2002 aurait pu constituer un bon départ si on était revenu à une monarchie "irresponsabilisée" ou constitutionnelle. Cela aurait été possible vu l'âge avancé d'un Zaher Shah incapable de gouverner. Cela n'a pas été fait parce que Karzaï était proche du clan Bush.