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Si l’hexagone garde ici sa couleur rose et que le bleu n’a pas réussi à s’imposer en
prenant de nouvelles régions, que l‘abstention reste un pourcentage important d’un vote sanction et surtout d’un désintérêt exponentiel de la politique de droite, comme de gauche, les nombreuses
erreurs des deux partis majoritaires auraient dû être des signaux d’alerte, mais ils ont été ignorés par les deux camps.
Les guerres intestines du PS, les confrontations d’ego avec ces petits
meurtres entre amis, l’absence totale d’un projet générateur d’espoir pour la France ont démobilisé le moral des électeurs de gauche. Et, crier victoire, est quelque peu gonflé quand le
socle du PS est encore à ce jour aussi meuble et fragile et que le succès dans beaucoup de régions ne vient que d'Europe Ecologie et non de leur bilan.
L’UMP elle continuait de surfer le sourire aux lèvres,
satisfaite de ses scores passés et croyant ainsi que la France lui accorderait un visa à vie pour franchir aisément ses étapes.
Les deux affaires Mitterrand et celle de l’Epad ont aussi agacé et déçu sérieusement l’électorat de droite, l’ouverture systématique à gauche a continué d’irriter et de désorienter, la mauvaise
tenue des fédérations et l’incurie de certains responsables ont contribué aussi à cet échec, avec de surcroit un responsable à sa tête qui, certes est un bon soldat qui garde
bien le QG, mais qui a le charisme d’un poulpe, avec également des porte-parole, certains élus (es) ou ministres qui devraient apprendre à éviter la rhétorique
plagiée et en évitant si possible les bourdes avant de s'exprimer.
La discipline militaire des parlementaires et celle du gouvernement, tous en chœur, répétant in extenso les discours idoines de leurs chefs a contribué à affaiblir la droite.
Le fait qu’aucune tête ne dépasse, qu’aucun n’ose s’opposer pour ouvrir le débat ou contester, a donné l’image d’une bande de perroquets sans cervelle obéissants aux ordres et non
celle de responsables travaillant en synergie pour l'intrérêt des Français. Tout cela a été confirmé par la très grande faiblesse des scores de l‘UMP.
Mais le pire pour l’électorat de droite et de gauche a sans doute été ce sauvetage sans filet et sans contreparties des banques qui, elles, n’ont jamais eu cure de relancer l’économie et de soutenir les plus fragiles ; bien au contraire. Un crime de sang froid de leur part qui a tués des entreprises, des commerces et qui a sapé le reste de foi que certains conservaient dans les politiques.
Le F.N a soufflé un vent qui a perturbé les résultat en s’imposant comme
le troisième parti dans ces régionales.
Si le débat sur l’identité national, voulu par Eric Besson, était une erreur manifeste et une instrumentalisation ressentie par beaucoup en ressortant du placard le spectre de l’insécurité et
celui des fantômes de la délinquance attribués uniquement aux émigrés, aucun n’est allé plus loin dans son analyse par facilité.
Il y a toujours eu un petit noyau dur de racistes pathologiques, d’atomes viscéralement haineux envers les étrangers, mais ils ne pouvaient, à eux seuls, en ce temps de crise, faire remonter le F.N à ce niveau au détriment de la droite et de sa politique sécuritaire mise ostensiblement en avant pour couler l'extrême droite. Une partie de l'électorat avait donc d'autres préoccupations et l'Ump en focalisant sur la burqa et non sur l'essentiel a jeté un voile sur elle même en déstabilisant l'électeur indécis.
Les discours du F.N eux étaient basés sur cette Europe qui ne protège
plus personne et dont les politiques mettent exsangues certaines corporations nationales au bénéfice des multinationales, tuant ainsi le socle de notre héritage agricole et de celui la
pêche traditionnelle.
Des discours sur le danger de l'ouverture des frontières, sur les délocalisations, sur l’Euro qui a réduit le pouvoir d’achat des ménages, sur les déficits abyssaux qui augmentent
l’inquiétude des citoyens et sur le retour à un nationalisme protecteur, tout cela a conduit à séduire cet électorat indécis, perdu.
La France d’extrême droite n’a pas eu une violente poussée xénophobe au travers de J.M Le Pen, ni une poussée paranoïaque inhérente à l’insécurité, mais elle a pris conscience que les politiques
nationales étaient contraintes, assujetties par un système européen et celui d'une finance internationale qui se foutaient complètement des peuples et de leur avenir. Ces discours ont été perçus
comme une réalité manifeste en ouvrant en pleine crise de nouvelles perspectives par un retour au nationalisme.
Les Français viennent de se rendre compte, sans doute un peu plus, que les Etats sont impuissants face au rouleau compresseur qui prépare le terrain du Nouvel Ordre Mondial.
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