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Monsanto et Bill Gates, la face cachée

Publié par Diatala sur 28 Mai 2012, 13:46pm

Catégories : #Bill Gates IGFarb-Monsanto- Rockfeller- Blackwater

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Monsanto et Bill Gates la face cachée

source : http://www.sylviesimonrevelations.com/

Après avoir apporté son soutien financier à la soi-disant Arche de Noé végétale en Arctique, la fondation Bill et Melinda Gates a consacré des milliards pour soutenir le contrôle de la croissance démographique, principalement en Afrique.

À présent, associée à la fondation Rockefeller, elle finance l’Agra (Alliance pour une Révolution Verte en Afrique), avec pour responsable l’ancien secrétaire général de l’onu, M. Kofi Annan.

Basée à Nairobi, au Kenya, l’Agra, considérée aux États-Unis comme une organisation de bienfaisance, prétend aider des millions de petits agriculteurs à sortir de la pauvreté et de la famine en accroissant considérablement la productivité par l’application des technologies qui visent à transformer une agriculture « arriérée et peu performante » en une agriculture qui réponde à des critères modernes. La fondation Gates va investir 100 millions de dollars et la Fondation Rockefeller 50 millions, pendant les cinq prochaines années.

À l’origine, l'objectif des promoteurs de la révolution verte relevait de préoccupations géopolitiques afin de nourrir la population des pays du Tiers Monde et de diminuer les risques d'une révolution communiste. En Inde, au Mexique et aux Philippines, la révolution verte a eu pour effet d'affaiblir les mouvements socialistes, mais la transition d'une agriculture traditionnelle vers le modèle prôné par la révolution verte nécessitait de lourds investissements, ce qui a conduit au développement du crédit rural, facteur de fragilisation financière pour de nombreux petits agriculteurs.

Au Mexique, les dettes contractées par ces derniers les ont contraints à vendre leurs terres, comme cela s’est déjà produit en France il a une vingtaine d’années avec les prêts du Crédit Agricole pour promouvoir l’agriculture intensive[1].

En Inde, plus de 25 000 agriculteurs se sont donné la mort depuis dix ans. Selon une étude publiée en 2002 dans la revue scientifique The Lancet, le taux de suicide des régions rurales du Sud a atteint 58 décès pour 100 000 habitants — triste record mondial —, alors que la moyenne dans les autres pays est de 14,5 pour 100 000.

Dans les pays du Sud, il y a 2,5 milliards de pauvres dont plus de 850 millions dans une extrême précarité. Les trois quarts d’entre eux vivent dans les campagnes et dépendent de l'agriculture pour leur survie. Mais ce n’est pas en copiant les recettes des pays du Nord qu’on leur permettra de survivre, ni en transformant le maïs en biocarburant et encore moins en donnant d’énormes subventions à l'agriculture intensive.  

La révolution verte a surtout profité aux agriculteurs qui possédaient de grandes exploitations et un accès au crédit. Elle a donc souvent conduit à une accentuation des disparités sociales, économiques et régionales, à la déperdition du savoir traditionnel agricole, et dans certains pays à une accélération de l'exode rural.

En Inde, elle a multiplié par dix la production de blé, et par trois la production de riz, mais elle a entraîné un usage excessif de pesticides et l’appauvrissement des sols ainsi pollués. Elle a donc contribué à réduire la biodiversité et a mis les agriculteurs sous la dépendance de l'industrie agro-chimio-pharmaceutique.

Sous la plume d’Andrew Malone, le Daily Mail du 3 novembre 2008 qualifiait cette crise de « Génocide OGM » et se faisait le porte-parole du Prince Charles qui affirme que la question des OGM est à présent « une question morale mondiale » et que le moment est venu de mettre une fin à son avancée inexorable. Il a provoqué la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause l’échec de nombreuses variétés d’OGM ». Ces déclarations sont confirmées par les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture qui signale qu’à présent plus de 1 000 paysans se suicident chaque mois.

Le journaliste du Daily Mail s’est rendu lui-même dans l’état de Maharashtra. « Ce que j’ai découvert est extrêmement alarmant et a de profondes implications pour les pays — y compris le Royaume-Uni — où l’on débat pour savoir si l’on autorise ou non la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature. »

Village après village, des familles lui ont raconté comment elles se sont endettées après avoir été convaincues d’acheter des semences de coton OGM au lieu des semences traditionnelles. « Ce sont ces semences magiques qui nous  étranglent. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année, ce qui nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Au moment des transactions, les vendeurs et représentants du gouvernement prétendaient que les semences OGM étaient 50 % plus chères, mais que le prix à payer était valable car il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleures plantes, sans parasites ni insectes, ce qui s’est rapidement révélé être un mensonge. En vérité, la différence des prix est stupéfiante : 100 grammes de semences OGM coûtent 15 euros, alors que pour la même somme ont peut acheter au moins 100 kilos de semences traditionnelles. Le prix est donc 1 000 fois plus élevé.

On n’avait pas davantage prévenu les paysans que ces variétés nécessitaient deux fois plus d’eau que les autres. Aussi, avec la sècheresse des deux dernières années, les plantes OGM ont dépéri et sont mortes, laissant les paysans criblés de dettes et sans moyen pour les rembourser. Leurs suicides ne servent à rien car leurs femmes perdent de toute manière leur terre, n’ont plus les moyens de payer l’éducation de leurs enfants, et vont rejoindre les hordes de miséreux que l’on voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays.

Il est certain que les autorités ne sont pas les seules responsables car en acceptant d’autoriser les géants des biotechnologies, comme Monsanto, à vendre leurs nouvelles créations semencières, elles espéraient échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance. D’autant qu’au cours des années 80 et 90, en contrepartie de l’accès à son immense marché, l’Inde a reçu des crédits du Fonds Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancer une révolution économique.

Déjà, le 13 août 2008, le Prince Charles avait confié au Daily Telegraph que la révolution verte avait produit un certain effet pendant un court instant, mais qu’on devait maintenant en payer le prix. En effet, les nappes phréatiques sont vides, la chaîne alimentaire et les sources contaminées, l’écosystème empoisonné, la biodiversité détruite. On trouve des pesticides partout, non seulement dans les végétaux, mais aussi dans le lait maternel ou le sang humain. Nombreux sont ceux qui pensent que le Punjab va être confronté à une épidémie de cancer, grâce à la Révolution verte.

On devrait informer de cette situation Claude Allègre, déjà cité, qui se permet d’affirmer de manière irresponsable que « le développement des OGM permettra aux plantes de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais », ou certains de ses pairs qui répandent les mêmes absurdités et que l’on écoute pourtant car ils sont couverts de diplômes ou occupent des postes importants.  

Contrairement à ce personnage particulièrement « désinformé et heureux de l’être », le Prince Charles est tellement révolté par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a fondé une association caritative, la Fondation Bhumi Vardan, dans l’intention de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM et d’aider par la même occasion ceux qui sont touchés par cette crise humanitaire.

Mais cette détresse est loin d’émouvoir tout le monde. Après avoir financé la désinformation climatique comme nous l’avons constaté, ExxonMobil a profité de la révolution verte aux Philippines pour y installer un vaste réseau de distribution de semences, d’engrais chimiques ou de pesticides. Le groupe ne pouvait plus se contenter de limiter ses activités aux 45 raffineries dans 25 pays avec une capacité de distillation de 6,3 millions de barils de pétrole par jour, et aux 42 000 stations-service dans plus de 100 pays sous les marques Exxon, Esso et Mobil. De toute manière, comme le préconise le bon sens populaire, il est toujours prudent de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Aussi, le jour où il n’y aura plus de pétrole, Exxon ne sera pas pris au dépourvu et pourra continuer à engendrer de substantiels bénéfices.

En 1960-1961, on a utilisé 5 000 tonnes d’engrais chimiques, alors qu’en 1998-1999, 1,3 million de tonnes, soit 260 fois plus, ont provoqué dans les sols de graves déficiences en oligo-éléments.

Cette agriculture dépendante des produits chimiques — elle s'est accompagnée d'une augmentation de l'utilisation des pesticides — dépend aussi des énergies fossiles dont une grande partie est destinée à l'agriculture pour la seule synthèse des engrais, sans compter le carburant nécessaire au transport et aux machines. Cette forte consommation d’énergie va, non seulement augmenter le coût de la production des aliments, mais contribuer également au changement climatique.

Quant aux organochlorés, ils empoisonnent la terre et contaminent l'eau, notamment par les nitrates, mais ils favorisent aussi l’apparition de souches de moustiques résistantes aux pesticides. En outre, privées de matière organique, les espèces vivantes comme les bactéries, les champignons ou les vers de terre, sont en train de disparaître à leur tour. 

Selon le Rapport mondial de la fao (Food and Alimentation Organisation) sur l’alimentation, paru en 2006, l’agriculture mondiale a aujourd’hui la capacité de nourrir 12 milliards d’êtres humains alors que nous sommes 6,2 milliards et que plus de 900 millions de personnes sont sous-alimentées. Cela prouve bien que la faim n’est pas une fatalité, mais l’une des absurdités de la situation.

La Révolution verte a pris naissance sur le postulat que la famine était due à une pénurie d’aliments, alors qu’il s’agit d’un phénomène complexe de distribution et de partage et que seule une approche holistique — et non des dons de nourriture — permettra de résoudre ce problème.

Pour comprendre l’aberration du système actuellement en place, il suffit de le comparer avec les nombreuses alternatives agro-écologiques qui ont fait leurs preuves en Afrique et qui respectent le droit des peuples de disposer d’aliments culturellement et climatologiquement appropriés, produits par des méthodes écologiquement rationnelles et durables, et leur droit à choisir leurs propres systèmes agro-alimentaires

 

We Feed the World, Le Marché de la Faim, film documentaire autrichien réalisé par Erwin Wagenhofer et sorti en 2007, a été inspiré par le livre de Jean Ziegler, L'empire de la honte. À l’occasion de la sortie du film, Jean Ziegler, homme politique, sociologue, écrivain et rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, a déclaré que le niveau actuel de production de nourriture dans le monde est suffisant pour nourrir l'ensemble de la population mondiale et qu'il faut chercher la cause de la faim dans la « répartition aberrante des richesses ».

Dans ce système, au lieu de développer des cultures vivrières, en 2006 le Brésil a détruit 16 000 hectares de forêt amazonienne pour la transformer en culture de soja qui sera utilisé à nourrir les poulets européens élevés en batterie, et l’Afrique reçoit à bas prix des tomates cultivées en Europe, ce qui ruine les agriculteurs locaux.

Interviewé par le journal Libération, à l’occasion de la sortie du film, Jean Ziegler a déclaré : « La tragédie réside dans le fait qu’au moment même où le bonheur serait matériellement possible, nous vivons une reféodalisation du monde, avec une captation de ces immenses richesses nouvellement créées par une oligarchie transcontinentale détentrice du capital financier.

« Grâce aux subventions et aides à l’exportation attribuées par leur gouvernement aux paysans des pays du Nord, sur n’importe quel marché africain, on peut acheter des légumes ou des fruits italiens, français, portugais ou espagnols aux deux tiers ou à la moitié du prix de produits autochtones ! Le paysan africain peut bien travailler avec sa femme quinze heures par jour, il n’a pas la moindre chance de conquérir un minimum vital suffisant pour sa famille. Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque exclusivement agricoles, et l’on s’étonne que des milliers de jeunes Africains risquent leur vie dans l’Atlantique pour débarquer en Sicile ou aux Canaries. Ce sont des réfugiés de la faim. »

Dans certaines régions de l'Inde, la révolution verte a ainsi remplacé la culture des légumes secs par celle du blé, qui ne correspond pas au régime alimentaire des paysans. De même, les pesticides employés dans la production du riz en Inde ont éliminé le poisson et certaines plantes sauvages qui nourrissaient les paysans indiens.

Ainsi, les sols sont à présent ravagés et stériles. Dans certaines régions, le niveau des nappes phréatiques a baissé dans des proportions dramatiques alors que dans d’autres, les terres, mal drainées, sont saturées d’eau. Mais aucun rapport officiel n’a encore signalé l’exode rural massif des paysans qui se retrouvent chômeurs dans les villes, ni le déclin des rendements.

Krishna Reddy, secrétaire général du syndicat agricole All India Kisan Sabha, n’hésite pas à affirmer que le gouvernement et les multinationales se sont entendu pour mettre à genoux les petits paysans. « Ce qu'ils veulent, c'est nous faire partir et remembrer les terres pour créer de vastes exploitations industrielles : il n'y en a plus aujourd'hui que pour l'agrobusiness. »

Déjà, en janvier 2001, le Courrier de l’Unesco citait S.P. Mittal, directeur scientifique de l’Institut de recherche central sur la conservation des sols et de l’eau de Chandigarh, la capitale du Pendjab : « Le niveau de la nappe phréatique a baissé d’un à trois mètres sur plus de 75 % du territoire de l’État. […] Les paysans sèment le riz en mai pour pouvoir récolter avant le 1er septembre, date à laquelle l’État cesse de garantir les prix d’achats. Or, durant cette saison chaude, il faut beaucoup d’eau. »

Et le même journal expliquait : « Un million et demi d’hectares seraient déjà dégradés. Si la tendance se poursuit, les rendements moyens par hectare vont décroître, tandis que les engrais, toujours plus nécessaires, feront monter les coûts de production. Une équation mortelle pour les petits paysans, qui possèdent plus de la moitié des 1,2 million de fermes du Pendjab. Plusieurs enquêtes ont montré que pour continuer à produire, la majorité des agriculteurs du Pendjab s’endettent à court terme à des taux d’intérêt très élevés. Du coup, en 10 ans, selon une étude réalisée en 1999 par l’Université du Pendjab, le taux de suicide des paysans a quadruplé alors qu’il baisse dans le reste de l’Inde »[2].

Pour Jean Ziegler, le dessein véritable d’Agra est d’aider les grandes agro-industries à pénétrer les systèmes agricoles et les dominer. « L’Agra de Kofi Annan n’est rien d’autre que la façade philanthropique d’un vaste réseau d’entreprises de semences, de produits chimiques et d’engrais, et d’institutions qui cherchent à industrialiser l’agriculture africaine. La forte campagne de l’Agra pour une nouvelle Révolution verte vise à attirer les investissements privés, à engager les gouvernements, et à convaincre les agriculteurs africains d’acheter des semences et des engrais nouveaux. L’Agra est en train de préparer les chercheurs, les institutions et les agriculteurs africains à l’introduction des cultures OGM, non seulement le riz, le blé et le maïs, mais aussi le manioc, le plantain et d’autres produits alimentaires africains. »

De toute manière, malgré les belles promesses, le coût de production augmente aussi rapidement que fortement. Celui de la tonne de blé qui est passé de 30 dollars en 1984-1985 à 80 dollars en 1997-1998 est à présent de 170 à 180 dollars.

En vérité, cette révolution est un prétexte pour breveter les semences car, tant qu’elles se reproduiront d’elles-mêmes, il sera extrêmement difficile pour l’agro-business de contrôler cet élément essentiel du secteur agricole. Une fois que la production de semences sera totalement retirée aux agriculteurs, le secteur agricole tombera encore davantage sous le contrôle des lobbies.

Inutile de préciser que ce projet va passer très rapidement du stade de semences hybrides stériles à la production d’organismes génétiquement modifiés et l’établissement d’un régime totalitaire de propriété intellectuelle et de brevets.

Il est donc certain que la Révolution Verte en Afrique aura les mêmes conséquences que la Révolution Verte en Inde, où les fonds publics financent la construction d'un grand centre exclusivement consacré à la génétique des plantes.

Le directeur du Centre, le Pr Asis Datta, a mis au point une pomme de terre transgénique enrichie en protéines, la « protato », afin d’améliorer la qualité de la nutrition. Le généticien est persuadé que la génétique va résoudre les problèmes alimentaires de l'Inde. « À condition de ne pas laisser les firmes privées s'emparer totalement de ce domaine stratégique », précise-t-il avec beaucoup de naïveté.

À l’opposé, la physicienne Vananda Shiva, fondatrice de l'Ong Navdania, association pour la conservation de la biodiversité et la protection des droits des fermiers, mène depuis vingt ans un combat acharné contre le génie génétique et les multinationales de l'agroalimentaire et essaie d’introduire massivement dans le pays les méthodes de culture sans engrais et sans pesticides. « On a réussi à doubler le taux de protéines de cette patate pour le faire passer de 2,5 à 5 %. La belle affaire ! Le millet, une graminée cultivée en Inde depuis des millénaires, en contient 10 %. À quoi bon dépenser des millions de dollars dans des recherches qui ne servent à rien ? » 

Il est vrai que ces millions de dollars ne servent à rien en ce qui concerne la faim dans le monde, mais ils servent très bien les intérêts des multinationales. La ferme de Navdanya est une banque de semences modèles qui a permis à plus de 10 000 fermiers d'Inde, Pakistan, Tibet, Népal et Bangladesh de redécouvrir une agriculture saine et naturelle. Mais elle a encore beaucoup à faire avant de convertir les 700 millions de paysans indiens à ces méthodes douces. Vananda Shiva a reçu le prix Nobel alternatif en 1993 ainsi que d’autres récompenses pour son travail de sauvegarde de la Planète.

Pour en revenir à l’Afrique, nouvelle cible du gouvernement américain qui s’évertue à répandre des ogm à travers la planète, la richesse de son sol en fait un candidat idéal. Il y a des années que la Fondation Rockefeller projette d’introduire massivement les ogm en Afrique, et elle est en train d’arriver à ses fins.

Monsanto, bien connu pour être le plus grand pollueur de la Planète, est bien installé en Afrique du Sud, dont le gouvernement entretient d’étroites relations avec les multinationales. Le groupe suisse Syngenta, considéré comme le quatrième cavalier de l’Apocalypse ogm, dépense à Nairobi des millions de dollars. La firme a conçu un programme pompeusement appelé « Seeds of hope » (Graines d’espoir), qui consiste à distribuer aux petits fermiers des paquets de graines ogm brevetées. Il est certain que ces « graines d’espoir » vont très rapidement devenir des « graines de suicide », comme elles ont été baptisées par Vananda Shiva en Inde.

On peut évidemment se demander ce qui pousse les Fondations Rockefeller et Gates — excepté l’appât du gain — à développer en Afrique la culture des OGM qui ont ruiné l’écologie et les paysans de nombreux pays, tandis qu’elles investissent en même temps des dizaines de millions de dollars pour préserver dans le Spitzberg chaque variété de culture vivrière de la planète. Depuis février 2008, le Svalbard Global Seed Vault est opérationnel.

Cette « Banque de graines » est une immense chambre forte d’une profondeur de 120 mètres, qui représente un volume de stockage de 1 500 , ce qui correspond à 4,5 millions de graines différentes. Conçue pour « résister aux cataclysmes naturels et humains », elle devrait permettre à l’agriculture de s’adapter ainsi aux défis imposés par les changements climatiques et les catastrophes d'origines naturelles ou humaines.

Située dans l'archipel arctique du Svalbard à environ 1 120 Km du pôle Nord, la chambre forte est à 130 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui lui permettra de rester au sec en cas de fonte des glaces et d'élévation du niveau des océans.

L’installation est financée par la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Syngenta, Monsanto Corporation, DuPont, et le gouvernement de Norvège, ainsi que divers organismes privés. Elle est gérée par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l'organisation internationale Global Crop Diversity Trust et la banque génétique nordique. Jamais, au cours de la longue histoire de l’humanité, personne n’a détenu un tel pouvoir sur la chaîne alimentaire.

William Engdahl, diplômé en sciences politiques de l'Université de Princeton, a publié plusieurs ouvrages et de très nombreux articles sur des questions de politique, géopolitique, économie, énergie, et agriculture, ainsi que sur l'Organisation mondiale du commerce et sur le Fonds monétaire international. Ses premiers travaux remontent au premier choc pétrolier et à la crise céréalière mondiale du début des années 1970. Il énumère les gens qui participent financièrement à la création de cette « banque de semences en cas d’apocalypse » et leur intérêt commun pour le « tout génétique ». Il fait remarquer que si l’on prend la peine de creuser la question, sous le discours scientiste, positiviste et glorifiant le marché et la libre entreprise, on découvre comme unique avenir une agriculture fournisseuse de « cash crops », c’est-à-dire de semences qui rapportent beaucop d’argent aux vendeurs, plutôt que d’aliments pour la population locale.

Ainsi, le géant de l’agriculture industrielle DuPont/Pioneer Hi-Bred est le plus grand détenteur au monde de brevets agricoles pour des semences ogm et les produits agrochimiques qui les accompagnent ; Syngenta, la multinationale basée en Suisse, est spécialisée dans les ogm et les semences agro-industrielles, et la Rockefeller Foundation, à l’origine de la « révolution génétique », a investi plus de 100 millions de dollars ces 30 dernières années dans la recherche génétique. Il s’agit donc plutôt de « promotion génétique » que de sauvegarde de graines millénaires.

« Généreusement financée par la Fondation Rockefeller et des bourses d’études et de recherches de la Fondation Ford, l’association cgiar (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale) veille à ce que des chercheurs en agronomie et des personnes d’influence du secteur agricole dans les pays du tiers-monde soient invités à venir étudier aux États-Unis où ils apprennent les concepts de l’agriculture industrielle et de la production intensive, avant de les appliquer chez eux.
La cgiar a ainsi réussi à créer un précieux réseau d’amis et de personnes inféodées à travers le monde, qui sont autant de portes d’entrée et d’agents d’influence pour les entreprises agro-industrielles US dans les pays en voie de développement. Le principal facteur promu par le cgiar est celui de la “révolution génétique”, supposée résoudre tous les problèmes des pays en voie de développement. »

Pour William Engdahl, la Révolution Verte est une brillante opération marketing afin de développer une activité mondiale d’agrobusiness qui permettrait ensuite à la Rockefeller de détenir une position de monopole dans le domaine agricole, « exactement comme le grand-père Rockefeller l’avait fait dans l’industrie pétrolière US cinquante ans auparavant.[3] »

Il est ainsi normal de voir la fondation Rockefeller chercher à préserver dans les glaces les semences qu’elle vendra très cher aux agriculteurs du monde, quand la catastrophe climatique aura éradiqué l’agriculture paysanne.

Quant à Monsanto, déjà responsable de milliers de morts tués par l’agent Orange et des terribles dégâts générés par le Round up, vendu mensongèrement comme biodégradable, il détient toujours le brevet de « Terminator » qui, s’il était mis sur le marché, obligerait la majorité des fermiers à devenir les nouveaux esclaves du lobby agro-alimentaire.

Au cours de son combat contre ce lobby, William Engdahl ose enfin crier au monde ce que la plupart des gens ignorent, en l’occurrence que « l’eugénisme d’Hitler fut financé dans une large mesure par la même Fondation Rockefeller qui construit aujourd’hui une “réserve de semences du jugement dernier” afin de préserver des échantillons de chaque semence présente sur notre planète. […] Les scientifiques de l’eugénisme d’Hitler, dont beaucoup ont été tranquillement amenés aux États-Unis après la guerre afin de poursuivre leurs recherches biologiques eugénistes, ont jeté une grande partie des bases du génie génétique des diverses formes de vie, soutenues ouvertement en grande partie jusqu’au sein du troisième Reich par les généreuses bourses de la Fondation Rockefeller.[4] »

Pour nous résumer, tout ce beau monde s’est associé afin de satisfaire le désir de Robert McNamara, ancien président de la Banque mondiale, ancien secrétaire d'État américain, responsable des bombardements massifs du Viêt-nam, qui aurait déclaré : « Il faut prendre des mesures draconiennes de réduction démographique contre la volonté des populations. Réduire les taux de natalité s'est avéré impossible ou insuffisant. II faut donc augmenter les taux de mortalité. Comment ? Par des moyens naturels : la famine et la maladie.[5] »

Pendant ce temps, en France, les semenciers libres subissent des atteintes à la liberté par les visites réitérées des agents de la Répression des Fraudes, qui, sans doute sans le savoir, sont les complices des « saigneurs de la Terre ». Ainsi, depuis le début de l’année 2004, l’association Kokopelli, qui œuvre dans le sens de la directive de la Communauté Européenne portant sur la conservation de la biodiversité in situ, est harcelée par les agents de la Répression parce qu'une grande partie des semences de plantes potagères qu’elle distribue sont des semences de variétés anciennes, non-inscrites dans le catalogue officiel.
Dominique Guillet, de l’Association Kokopelli, pose la bonne question :  « Le catalogue officiel aurait-il été érigé non point pour la protection des jardiniers, mais pour la protection des intérêts financiers des grands groupes et multinationales qui ont racheté la quasi-totalité du secteur semencier depuis 40 années ? » Il est certain qu’il connaît la réponse à cette question.
Il est scandaleux de constater la pression exercée sur les petits semenciers biologiques qui préservent la biodiversité de notre planète et les plantes qui sont un bien commun, alors que les pollueurs et pilleurs de tout genre continuent à détruire impunément notre environnement, grâce à la complicité des États qui leur distribuent nos deniers sous forme de très fortes subventions, tout en prônant officiellement la « biodiversité ».
Dominique Guillet rêve d’une planète « avec des semences libres cultivées dans le respect de l'environnement, avec des enfants qui ne meurent plus de faim, avec des jardins et des champs, source de vie et de diversité. » Il conseille à ceux qui possèdent un jardin et aux petits cultivateurs indépendants de semer impérativement de plus en plus de semences interdites, de les donner, les échanger, et produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer autour d’eux et aux pays les plus pauvres, sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres, mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1. « Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à hauts risques bactérien et sociologique. » Espérons qu’ils seront nombreux à l’écouter et que la distribution des variétés interdites évitera leur disparition.
Pour l’instant, alors que l'état français s'est engagé à diminuer le recours aux pesticides de 50 %, toute information concernant les extraits fermentés est punissable de 2 ans de prison et de 75 000 euros d'amende.


[1] Voir Les Saigneurs de la Terre par Camille Guillou, Albin Michel, 1997.

[2] Kumkum Dasgupta, journaliste basée à New Delhi, collaboratrice du bimensuel écologique et scientifique Down to Earth.

 [5] Willy Eyat, J’ai tout compris (n°2, février 1987).

 

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