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Carla Bruni au coeur d'un scandale international

Publié par Diatala sur 6 Janvier 2012, 11:54am

Catégories : #Elus-Polique et étrangère-Scandales- Elections

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(dessin Louison)
Source : Marianne.2

Lorsqu'on entend parler de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, c'est surtout au sujet de sa fondatrice, mais qu'en est-il de ses activités ? Marianne publie cette semaine une grande enquête de Frédéric Martel : à y voir de plus près, l'action de la première Dame de France soulève quelques questions et prend même des allures de scandale international...


i l'on connaît bien Carla Bruni, on connaît mal Carla Bruni-Sarkozy. Depuis 2008, la Première Dame de France fait beaucoup parler d’elle, mais personne ne sait vraiment comment elle agit. A la tête de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, elle est plus que discrète et aucune enquête sérieuse n’a été faite à ce sujet. On ne sait pas, par exemple, que la fondation ne s’intéresse qu’à la culture et à la lutte contre l’illettrisme – et pas du tout à la lutte contre le sida, dont Carla Bruni-Sarkozy parle pourtant souvent.

C’est qu’elle est aussi, et officiellement, ambassadrice de la lutte contre le sida, nommée à ce titre, bénévolement, par les Nations Unies (au titre du Fonds mondial de lutte contre le sida, d’ONU-sida et de l’Unicef). Enfin, Carla Bruni-Sarkozy entretient tout un réseau d’amitiés, ce qu’on peut appeler le « petit monde de la villa Montmorency », la résidence ultra luxueuse du XVIème arrondissement de Paris, où se trouve son hôtel particulier dans lequel elle vit, durant la semaine, le plus souvent avec le président Sarkozy.
 
Au terme d’une enquête de plusieurs mois aux Nations Unies et dans plusieurs pays, Frédéric Martel révèle dans Marianne les dysfonctionnements et le mélange des genres auxquels aboutit l'action - et l'inaction - de Carla Bruni-Sarkozy dans sa fondation et son comportement en tant qu'ambassadrice de la lutte contre le sida.

En devenant philanthrope d’État en 2009, à la tête de sa fondation contre l’illettrisme et comme ambassadrice contre le sida, Carla Bruni-Sarkozy avait de bonnes intentions. Et semblait sincère, surtout en matière de lutte contre le sida (son frère aîné est mort de la maladie). Mais deux ans après sa création, sa fondation est dans l’impasse. Ses actions concrètes contre le sida sont rares. Pire, Carla Bruni-Sarkozy, révèle Marianne, est au centre d’un scandale international : 3,5 millions de dollars ont été versés par le Fonds mondial de lutte contre le sida, en marge de la légalité, et sans appel d’offre, à la demande de la première Dame, à plusieurs sociétés d’un de ses amis. Le musicien et chef d’entreprise Julien Civange est à la fois le principal conseiller de Carla Bruni-Sarkozy, il est officiellement dans l’organigramme de sa fondation et a un bureau à l’Élysée (où Marianne a pu joindre et être rappelé par sa secrétaire). Il fut le témoin de mariage de Carla Bruni-Sarkozy.
 
Révélée au conseil d’administration du Fonds mondial à Accra, au Ghana, fin novembre 2011, cette affaire vient de coûter sa place à un ambassadeur français, le professeur Patrice Debré, qui vient d’être démissionné par Sarkozy. Le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, Michel Kazatchkine, vient d’être officiellement écarté aussi, à la demande d’Hillary Clinton même si sa démission réelle ne devrait intervenir que les 21 et 22 mai 2012 – soit après le deuxième tour des présidentielles. Nicolas Sarkozy est intervenu en ce sens, au plus haut niveau à Washington.


Complément d'enquête

L'enquête est publiée dans le numéro 768 de Marianne en kiosque demain 7 janvier et en version électronique à partir de 18h.


http://fr.news.yahoo.com/

L'institution basée à Genève assure que l'ensemble des contrats de cette campagne et "le soutien apporté à une page du site web carlabrunisarkozy.org ont respecté les règles et les procédures très strictes du Fonds mondial".

 

Marianne, à paraître samedi, avance que l'épouse du chef de l'Etat aurait usé de son influence pour faire verser des fonds "en marge de la légalité, et sans appel d'offres" à plusieurs sociétés d'un de ses proches.

Interrogé par Reuters, l'Elysée a renvoyé au communiqué du Fonds mondial.

Selon l'hebdomadaire, 3,5 millions de dollars ont bénéficié aux sociétés du musicien et chef d'entreprise Julien Civange, qui serait le principal conseiller de Carla Bruni pour sa fondation et aurait un bureau à l'Élysée.

Un représentant du Fonds mondial a précisé à Reuters que l'institution avait versé à Julien Civange et quatre collaborateurs 580.000 euros sur une période de 18 mois pour qu'il co-dirige la campagne "Born HIV Free".

Marianne ajoute que cette affaire, révélée au conseil d'administration du Fonds mondial à Accra, au Ghana, fin novembre 2011, a coûté sa place à un ambassadeur français, le professeur Patrice Debré, qui vient d'être démis de ses fonctions par Nicolas Sarkozy.

Cet expert en immunologie, ambassadeur chargé de la lutte contre le sida depuis 2009, a été remplacé le 4 janvier en conseil des ministres par Mireille Guigaz, ministre plénipotentiaire.

 

 DÉMISSION DU DIRECTEUR DU FONDS ?

"En outre, le directeur général du Fonds mondial, Michel Kazatchkine, vient d'être officiellement écarté aussi, à la demande d'Hillary Clinton même si sa démission réelle ne devrait intervenir que les 21 et 22 mai 2012 - soit après le deuxième tour des présidentielles", ajoute Marianne.

Le représentant du Fonds mondial interrogé par Reuters assure que "cette décision n'a aucun lien avec les éléments décrits dans l'article de Marianne".

Julien Civange possèderait plusieurs sociétés qui sont intervenues auprès de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy dans les domaines de la communication et la conception de sites internet.

Selon le Fonds mondial, l'intégralité "a été prise en charge par le budget ordinaire du Fonds mondial et représentait une somme totale de 2,8 millions de dollars, soit nettement moins que le chiffre avancé par Marianne."

Interrogé par l'auteur de l'article, Michel Kazatchkine affirme que s'il n'a pas prévenu le conseil d'administration du Fonds mondial des flux financiers vers Paris, il a néanmoins tenu informé le "comité financier".

Il ajoute que Carla Bruni lui aurait "personnellement dit qu'elle avait totalement confiance en Julien Civange auquel elle avait délégué le dossier du sida".

Marianne s'interroge sur l'opacité de la fondation créée en 2009 par Carla Bruni pour lutter contre l'illettrisme et le sida.

Selon l'hebdomadaire, la Fondation Carla Bruni-Sarkozy ne dispose pas d'existence juridique réelle, ses activités étant rattachées à la Fondation de France, un organisme privé et indépendant qui aide à concrétiser des projets à caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social ou culturel.

"De ce fait, elle n'aurait ni comptabilité propre, ni compte en banque, ni secrétariat juridique, l'intégralité de ces fonctions étant assurée par l'institution qui l'héberge", précise un document publié sur le site de l'hebdomadaire.

Interrogée par Reuters, Cléa Martinet, secrétaire générale de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, a répondu : "Cet article est mensonger sur plusieurs points concernant la Fondation".

La fondation explique qu'elle a un bureau à Paris, réunit son comité exécutif deux fois par an et a dépensé 2,49 millions d'euros en 2011, le double de 2010.

Gérard Bon, Thierry Lévêque, Brian Love, édité par Sophie Louet

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