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Assassinat JFK : Giscard d’Estaing a affirmé croire à la "théorie du complot"

Publié par Diatala sur 22 Novembre 2013, 17:43pm

Catégories : #Assassinats des Kennedy -Le complot

 
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par Taïké Eilée Agoravox  
Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy, 35e président des États-Unis, était assassiné à Dallas. Officiellement, par le seul Lee Harvey Oswald. 50 ans plus tard, certains n’y croient toujours pas. Ces sceptiques de la première heure, parmi lesquels deux grands présidents des années 1970 et un candidat à la présidence des Etats-Unis, n’ont pas attendu Internet, eux, pour "sombrer" dans ce que la presse qualifie d’ordinaire de "paranoïa"… Grâce à eux, nous allons remonter à l’origine de l’utilisation médiatique d’une expression très à la mode, "théorie du complot", qui nous permettra de nous interroger sur le pouvoir immense de ces choses apparemment anodines que l’on utilise tous les jours sans y porter une grande attention : les mots.
Ce 21 novembre 2013 sur RTL, l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a affirmé croire à la "théorie du complot" dans l’affaire JFK. Il nous a aussi appris que c’était la conviction de l’ancien président des Etats-Unis Gerald Ford :

"Gerald Ford faisait partie de la commission Warren. J’ai fait un trajet en voiture avec lui une fois aux États-Unis, il était président et j’étais président moi-même. Je lui ai dit : ‘Je vous pose une question indiscrète : vous étiez dans la commission Warren, à quelles conclusions avez-vous abouti ?’ Il m’a dit : "Ce n’est pas satisfaisant. Nous avons abouti à une première conclusion : ça n’était pas un crime isolé, c’était quelque chose d’organisé. Nous étions sûrs que c’était organisé. Mais nous n’avons pas pu découvrir par qui". Donc il y a eu une organisation, qu’on n’a pas vraiment mis à jour, qui détestait, qui haïssait ou qui craignait le président Kennedy, et qui a décidé de se débarrasser de lui. C’est ma conviction".

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry (candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis en 2004 contre George W. Bush) vient aussi de faire sensation outre-Atlantique en lançant sur NBC qu’il ne croyait pas que Lee Harvey Oswald ait été le seul tireur. Selon lui, Oswald était piloté, mais il ne saurait dire par qui, et rejette l’idée que la CIA ait pu être impliquée. Le 14 novembre, il demandait même l’ouverture des archives secrètes de l’assassinat de Kennedy. Oliver Stone, le réalisateur du film JFK, a salué cette prise de position.
Assassiner le doute, asservir la logique à sa cause
Les déclarations tonitruantes de ces hommes d’Etat, hautement respectés dans les médias, n’empêchent pas les journalistes Philippe Labro et Laurent Joffrin de nous assurer, en ces temps de commémorations, qu’Oswald était le seul tireur, et tous deux nous enjoignent même fraternellement de cesser de fantasmer ! France Télévisions, un peu dans l’esprit du dossier Desintox de Rue89, va jusqu’à dénoncer "les faux mystères de l’assassinat de JFK", et prétend soulever "les éléments qui fâchent" pour tous les réfuter grâce à "la réponse des experts". Mais en guise d’experts (au pluriel), il n’y en aura qu’un seul (Vincent Quivy) convoqué dans tout l’article… Suffisant pour clore le débat.
L’un des arguments des sceptiques, on le sait, c’est que la deuxième balle qui a touché Kennedy, en faisant exploser sa boîte crânienne, l’a projeté en arrière (vidéo ici), ce qui tendrait à faire penser que le tireur était face à sa cible, alors qu’Oswald était positionné dans son dos. Voici la parade de Joffrin :
"On voit Kennedy, au moment où il est touché par la balle fatale, qui est rejeté en arrière, donc on en a déduit, c’est logique, qu’il y avait un tireur devant. Le cerveau de Kennedy a été détruit à moitié par la balle fatale, ça provoque un raidissement général du corps et de la colonne vertébrale, c’est ce qui explique le mouvement en arrière de Kennedy. Ça prouve qu’il n’est pas certain qu’il y avait un tireur devant, puisque vous avez des grands professeurs de médecine qui ont expliqué le mouvement de Kennedy autrement."
Autrement dit, il serait logique qu’il y ait un deuxième tireur, mais certains experts nous permettent d’être certains… qu’on n’est certain de rien… et que l’on peut donc affirmer qu’Oswald était le seul tireur (puisque telle est la thèse finale de Joffrin). Logique.
C’est le même argument qu’émet Fred Kaplan sur Slate, dans son article où il moque "les imbéciles de la conjuration" :
"Je suis retourné à la bibliothèque et j’ai parcouru les auditions de la commission Warren. J’ai pu y trouver des dépositions de neurologues qui témoignent qu’une terminaison nerveuse peut exploser quand elle est frappée par une balle et que les deux trajectoires —celle de la balle et celle des fragments nerveux— ne sont pas nécessairement corrélées.
Des expériences datant des années 1940, au cours desquelles des balles furent tirées dans la tête de chèvres vivantes (sic), ont révélé ce fait. Donc, la preuve de l’image 313 est à minima ambiguë ; elle ne dit rien, dans un sens ou dans un autre, sur la théorie du deuxième tireur."
La conclusion logique, là encore, serait qu’on ne sait pas, qu’on n’est pas sûr… Mais, au final, ceux qui croient au deuxième tireur sont traités, par notre journaliste, d’imbéciles. Logique.
Selon que vous serez puissant ou misérable… vous pourrez douter ou pas
Le chirurgien Robert McClelland, lui, n’est pas convaincu par cette explication médicale. C’est lui qui a recueilli JFK et essayé de le sauver après qu’on lui a tiré dessus. Il nous donne son opinion sur ce moment fatal :
"C’est alors que la tête du président explose littéralement. Sa tête est projetée vers l’arrière et vers la gauche. Des gens ont dit que c’était l’effet réactif du cerveau (“jet effect”), mais cela n’a aucun sens. Il a été touché par une balle provenant de devant lui et l’a projeté vers l’arrière. Et le trou d’entrée, peut-être dans ses cheveux, devait être assez gros.
Je pense que la première balle provient du cinquième étage du Dépôt de livres scolaires, là où était Lee Harvey Oswald. Cette balle l’a probablement touché dans le haut du dos et la blessure à sa gorge était sûrement la blessure de sortie de la balle. Quelques secondes après, une balle venant de la palissade l’a touché à la tête. J’ai connu un témoin oculaire qui a vu un homme avec un fusil au-dessus de la palissade."
Robert McClelland est probablement un imbécile.
D’après lui, d’ailleurs, les conclusions de la Commission Warren "sont fausses", mais surtout "l’ordre de l’assassinat est venu du plus haut niveau de notre gouvernement. Comme beaucoup de livres le disent, des éléments de la CIA et du FBI sont impliqués. Un jour, un colonel de la Marine britannique est venu me voir. Il m’a dit qu’il avait connu Oswald sur une base de la CIA au Japon. Il y aurait été opérateur de radar. Donc, il était un agent en bas de l’échelle de la CIA. Je pense qu’il était là pour dévier l’attention du deuxième tireur, celui de la palissade". Certains se sont fait traiter de "sales cons" pour moins que ça…
En février dernier, sur France Info, l’écrivain Marc Dugain mettait carrément en cause, sans susciter aucun tollé, les anciens présidents George Bush (père) et Lyndon Johnson, allant jusqu’à dire : "Pour moi c’est quasiment du négationnisme que de dire que JFK n’a pas été tué dans le cadre d’un complot [de la CIA], et de même Robert Kennedy".Robert Kennedy, qui, lui-même croyait au complot contre son frère, et fut, dixit Paris-Match, "le premier théoricien du complot".
Valéry Giscard d’Estaing ne sera probablement pas calomnié dans les prochains jours et traité de "conspirationniste". Pas plus que ne l’avait été Roland Dumas, lorsqu’il avait dit ne pas croire à la version officielle du 11-Septembre. Et John Kerry continuera d’être respecté. Parce que ce sont là des gens importants, dotés d’autorité, et que dans de tels cas de figure il vaut mieux ignorer – ou minimiser – leurs déclarations peu orthodoxes. On ne calomnie que les proies faciles, les Bigard, les Kassovitz, les Cotillard… Ou encore les adversaires idéologiques, déjà chargés d’étiquettes négatives. Pensons à Aymeric Chauprade, recrue du FN, immédiatement mis sur la sellette sur Europe 1 dans son nouveau rôle politique, pour ses propos (déjà anciens) sur le 11-Septembre.
Les "conspirationnistes" = Les citoyens ?
Le journaliste William Reymond a enquêté sur l’assassinat de Kennedy, et il a eu, il y a quelques jours, cette réflexion :
"Au delà de JFK, le rejet systématique du complot est un phénomène dangereux.
Pas seulement parce qu’il renie les enseignements de notre passé. Mais parce qu’il offre à nos gouvernements la possibilité de trahir le pacte démocratique et abuser du pouvoir que nous leur avons provisoirement confié.
Jean Jaurès a écrit un jour que “le courage était de chercher la vérité et de la dire”.
Et la vérité, parfois, est ailleurs…"
De manière provocante, on pourrait presque dire que les "conspirationnistes" (entre guillemets) sont les vrais citoyens. Je m’explique : un conspirationniste (au sens strict) est quelqu’un qui croit que tous les événements dramatiques de l’Histoire sont le fait d’une minorité maléfique (toujours la même), qui contrôle absolument tout. De tels êtres existent, certes, mais ne courent pas les rues, même sur la Toile. Un "conspirationniste" (avec des guillemets) est quelqu’un qui n’a rien à voir avec la première définition, mais qui est amalgamé avec elle pour l’intimider et le discréditer aux yeux des autres ; c’est en vérité un citoyen qui est vigilant et qui veut contrôler de près les pouvoirs, ainsi que les informations qu’on lui donne. Autrement dit, c’est un citoyen qui ne se contente pas de voter une fois tous les cinq ans, mais qui a une activité constante de surveillance des hommes auxquels (par confort) il a provisoirement délégué son pouvoir. Ces pseudo-"conspirationnistes"-là sont nombreux, surtout sur la Toile.
Depuis son origine grecque, la démocratie se définit, avant toute autre chose, par la vigilance active du citoyen. Par suite, le mal-nommé "conspirationniste" peut être considéré comme le premier défenseur de la démocratie, il lui permet de survivre quelque peu. Un conspirationniste, au sens strict du terme, est un fou ; un "conspirationniste", dans l’usage grossier du terme, est un démocrate. Orwell nous avait prévenu : "La paix, c’est la guerre", "La liberté, c’est l’esclavage", "L’ignorance, c’est la force"… et "Un démocrate (un citoyen vigilant), c’est un conspirationniste". Ceux qui le stigmatisent sont, qu’ils en aient conscience ou non, dans le rejet de la démocratie et la défense de l’oligarchie. Ils sont dans l’agoraphobie politique, selon l’expression du politologue Francis Dupuis-Déri : "L’agoraphobie politique signifie une peur ou une haine du peuple assemblé dans une agora formelle ou informelle", qui justifie qu’on lui confisque son pouvoir, pour mieux le guider.
Selon une conception erronée, la démocratie aurait besoin, avant toute chose, de la confiance des citoyens envers leurs gouvernants. En vérité, la démocratie a surtout besoin de leur défiance (qui n’est pas la paranoïa : l’une est excessive, l’autre ne l’est pas). Car le pouvoir corrompt, car il donne un sentiment de toute-puissance à celui qui en jouit. Et l’abus est inévitable. Il faut donc montrer aux puissants qu’on les a constamment à l’oeil ; c’est la condition de notre liberté. Et peu importe les anathèmes qui ne manqueront pas de tomber. Il suffit de ne plus être dupes des étiquettes, aussi bien positives que négatives, que l’on accole aux personnes et aux idées, tantôt pour les vanter et les faire accepter par la population, tantôt pour les dénigrer et les faire rejeter par elle.
Les étiquettes négatives, armes de dissuasion massives
Lance deHaven-Smith, professeur de sciences politiques à l’Université de Floride, vient de publier Conspiracy Theory In America. Il y montre que l’expression "théorie du complot" vise précisément à écarter l’idée que le gouvernement puisse commettre d’éventuels méfaits, alors même que des complots comme le Watergate ou l’Irangate ont été mis à jour. Il montre comment l’expression apparaît dans les médias américains pour endiguer le mouvement de défiance qui, à partir de 1966, se développe dans la population au sujet des conclusions de la Commission Warren. Et il affirme que c’est la CIA qui a fait de l’expression "théories du complot" une véritable arme d’intimidation, pour ridiculiser les doutes émis par le peuple américain. Le CIA Document 1035-960, qui décrit la stratégie à adopter pour discréditer tous les sceptiques, est disponible sur le site JFK Lancer. Suite à la parution de ce mémorandum, l’expression "théoriciens du complot" fut utilisée à une fréquence inconnue jusqu’alors dans la grande presse américaine. Depuis l’avènement du Net, cette utilisation a encore largement augmenté, les citoyens étant plus à même que jamais de débusquer et dénoncer les abus et les mensonges de leurs dirigeants.
Lance deHaven-Smith, invité d’Abby Martin sur RT, août 2013 (en anglais)
Marc Dugain dit : "L’histoire, telle qu’on nous la raconte, est une fiction". Le procureur Garrison disait, au sujet des conclusions de la Commission Warren, que c’était un "conte de fées". La CIA a propulsé l’expression "théoriciens du complot" pour inhiber les enfants qui ne croient plus aux contes de fées. Et la presse convoque des "experts" pour nous convaincre que nous sommes des "imbéciles", et qu’il faut cesser de fantasmer.
Pour sortir par le haut de ce monde d’illusions, apprenons à nous méfier des mots, mis à toutes les sauces pour nous manipuler, et nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Pour ce faire, on écoutera bien sûr avec profit et plaisir Franck Lepage, ou encore Etienne Chouard, et on lira le dernier livre de Francis Dupuis-Déri : Démocratie. Histoire politique d’un mot aux Etats-Unis et en France. Utile pour comprendre comment et pourquoi les élites politiques se sont, au cours du XIXe siècle, approprié ce mot si séduisant pour le peuple (cette étiquette positive), à l’origine détesté.

 

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