Elle s’appelle Neda, elle est devenue l’icône de
l’opposition iranienne, le symbole de la répression et de ceux dont la crédulité les aveugle en Occident.
L’opinion publique a été
choquée et c'est normal en apprenant que la milice bassidj (les gardiens de la révolution) avait tué d’une balle dans la tête une enfant de 16 ans. La presse occidentale a martelé son
indignation avant que nous n’apprenions, très discrètement et très rapidement, d’ailleurs, par cette même presse, ici, que Neda n’avait pas 16 ans mais
27 ans, qu'elle n'était pas accompagnée de son père mais de son professeur et qu'elle avait été victime d'une balle en pleine coeur (l'impact dans la poitrine ne se voit pas sur la vidéo
ici) et non plus d'une balle dans la tête. Devant une telle désinformation que devons-nous penser ?
Si la mort dans de telles circonstances est forcément horrible et créée l’indignation et, peu importe la date de naissance de la victime, le premier âge annoncé et les autres
informations ont permis d'amplifier et de dramatiser la crise en diabolisant d’avantage le pouvoir et en le déstabilisant encore plus. Un tireur bassajid, que personne n'a jamais vu, sera pourtant incriminé. Sans témoin, il
est facile de faire porter la responsabilité ce meurtre à qui l'on veut..
Alors une question se pose ou des questions se posent devant autant de
manipulations récurrentes et perverses de l’information. Pourquoi le régime iranien, qui ne cherche qu’à apaiser les tensions et à faire cesser les manifestations pour préserver son image et ne
pas ébranler son autorité, ferait assassiner une jeune femme inoffensive en se tirant lui-même une balle dans le pied, voire en pleine tête ? Que rapporte ce crime au pouvoir ? Rien. Bien au contraire, ce crime de sang froid, regardé en boucle sur Internet, dessert au plus haut point le
guide suprême Khamenei et le président réélu Ahmadinejad. Mais à qui rapporterait le crime alors, et qui aurait intérêt à tuer une innocente ? On se le
demande !
Depuis le début de cette crise
iranienne il est difficile parfois de contenir sa colère en entendant autant de conneries éructées par certains journalistes et dans tous les reportages concernant ce vieux
pays.
L’Iran serait un pays arriéré, alors qu’il est un pays qui se modernise de jour en jour ; non, plus exactement il est moderne. L’Iran refuserait la
démocratie. Mais jamais aucune élection n’a suscité autant de débats télévisés et de meetings où chaque candidat pouvait critiquer son adversaire et dénoncer le pouvoir en place. L’Iran serait
mal géré et connaîtrait une crise économique, il priverait ainsi son peuple durement. Mais tous les pays son touchés par cette crise mondiale venue des Etats-Unis. Tant qu’à la gestion
occidentale, elle est tout, sauf un exemple de réussite pour se permettre de donner des leçons. L’Iran lapiderait les femmes. L’Iran obligerait de très jeunes filles à se marier. Oui dans
certaines régions rurales où malheureusement la coutume demeure. Mais les grands amis des pays occidentaux que sont l’Arabie Saoudite et les Emirats, pour ne citer qu’eux, imposent la Charia
et lapident des femmes à mort, lapident des enfants de 13 ans, vitriolent ou exécutent des femmes accusées d’adultère et torturent et exécutent régulièrement des innocents. Ces pays
obligent des mineures non pubères à se marier avec de vieux bonshommes et, pas seulement dans les coins retirés du pays, mais dans les capitales et les grandes villes aussi. Les émirs
s’octroient tous les droits et leurs règles moyenâgeuses et barbares permettent les pires abus et exactions envers les femmes et les enfants.
Alors d'où vient cette différence
de traitement, d’injustice et pourquoi ? Que l’on m’explique où se trouve la logique et qu’elle est la rationalité des analyses qui condamnent pour les mêmes crimes certains
pays musulmans et pas les d’autres ? Et pourquoi nous déroulons des tapis rouges à ceux là et à des criminels comme les dirigeants israéliens et que nous
condamnons ceux qui n'agressent aucun pays ?
Alors...pourquoi pas ! Si la morale que l'on impose aux autres est la même pour tous et la même que l'on s'impose à soi même. Que la violation des droits de
l'Homme dans ce cas soit dénoncée et combattue avec la même ardeur et la même sincérité partout. Sinon on...
Le pourquoi lui est simple à comprendre. Il
est nécessaire pour certains pays occidentaux mais surtout et principalement vital pour les Etats-Unis d’avoir un ennemi, de le diaboliser pour faire marcher à plein régime son énorme et
gigantesque complexe militaro-industriel, de tenter de maintenir son impérialisme sauvage à n’importe quel prix, de s’approvisionner en énergie, là où elle se trouve, ( l'Iran possède les
2/3 des réserves mondiales de pétrole) de détenir les voies commerciales stratégiques et de passage des oléoducs et des pipelines et, enfin, de pouvoir bombarder des pays avec l’approbation
de l’opinion publique occidentale qui adore avaler des anacondas et qui n’a de cesse d’en redemander ; même quand celle-ci a été trahie, dupée et bernée. Sans ce soutien, criminellement
crédule...le monde se porterait sans doute mieux.
Mais l’ethnocentrisme puant des pays occidentaux, leur racisme primaire envers le monde musulman et leur crédulité affligeante
envers les médias ne sont que les facteurs essentiels de cette stratégie qui aident à conditionner les esprits, à les façonner et à les manipuler pour leur faire croire n’importe quoi...afin
de mener les nouvelles guerres, dites préventives. Guerres dont nous serons, à terme, les grands perdants. Mais l'ignorance, la bêtise et l'inculture permettent de tromper les foules et
de les endoctriner.
Alors les journalistes sont-ils manipulés à l’insu de leur plein gré, d’une naïveté déconcertante et dangereuse, des incultes ? Ou sont-ils simplement
pour certains des lâches et pour les autres des vendus ?
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