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Depuis que le monde est monde le combat contre la mort et la lutte pour la survie ont été des enseignements majeurs qui ont donné à l'homme, force et courage pour avancer.Supprimer cela, est notre avenir n'aura pas d'horizon
Ce courage et ce combat montraient qu'il fallait toujours se battre avec soi même et que la seule dignité était de lutter. L'acceptation finale de la mort enseignait que la souffrance offrait, la paix, la sagesse. Les enseignements d'aujourd'hui conduisent inéluctablement à des comportements de fuite, de peur, de rejet, de tout ce qui demande un effort sur soi même. La dignité, l'effort, le courage n'ont plus la même finalité, la même valeur et pire, le même sens. Si nous acceptons la souffrance non pas comme une châtiment divin, mais comme une extériorisation du mal pour nous libérer, alors nous serons soulagés de celle -ci.
Le débat sur l'euthanasie est un sujet difficile et sensible. Il intègre les croyances, la religion, l’éthique, la bio-éthique. Il faut absolument intégrer dans celui ci, l’acharnement thérapeutique et les soins intensifs. La plupart des personnes qui sont favorables à cette pratique dont beaucoup de jeunes, le sont sur le principe, sans réfléchir pourquoi nous en arrivons à de telles situations et sans penser aux conséquences à long terme. Cette acceptation d’une fin de vie abrégée est surtout le refus d’envisager la mort autrement que dans la douceur et la paix. Aujourd’hui nous vivons dans une société qui refuse la moindre petite souffrance, contrariété. Une société aseptisée qui refuse le combat sur soi, car entièrement prise en charge, assistée. Alors, comment voulez vous qu’elle se prive d'être assistée dans la mort. C’est éducatif, sociétal. Si pour la plupart il n’est pas aisé de se prononcer sur ce sujet, mon point de vue n'est en rien équivoque. Je suis contre pour les raisons suivantes : j'ai été personnellement confrontée deux fois à ce problème. La première en ayant accouchée d'une petite fille qui a été euthanasiée sans appel et surtout sans qu'on me demande mon avis, par un obstétricien dont la place n'était surtout pas là. J'appelle cela un crime. J’ai vu mon père en fin de vie, tous les jours (ayant l’hôpital à domicile) durant trois mois, se frapper avec tous les objets qu’il trouvait à sa portée, tellement il souffrait, diffuser sa douleur en se mettant des pinces à linge sur le corps. Il y a 13 ans la morphine n’était pas administrée comme aujourd’hui, elle était pour certains encore taboue. Notre médecin traitant, cet imbécile, s’y refusait catégoriquement. J’ai vu le pire dans la souffrance en phase terminale. Mais jamais, jamais, ma famille ou moi-même n’avons envisagé un seul instant cette hypothèse, ni lui d’ailleurs. Je ne vais pas m'arrêter à mon histoire. .Un des dangers, si une loi s’appliquait est qu'elle soit transgressée par des personnes voulant en abuser à des fins personnelles et vénales. Le plus grave étant d’assermenter une nouvelle catégorie de médecins : " Les tueurs de la vie". De légitimer un acte contre nature. Ce n'est plus le serment d'Hippocrate mais d'hypocrite. C'est la forme de l'eugénisme appliquée sur l'individu même. Quelques pays en font des émissions de téléréalité" La mort en directe". C'est certes sans hémoglobine, juste avec l’ingestion d’une substance létale, sous le regard et la bienveillance d'une accompagnatrice prémortem.Taux d'audimat assuré ! Plus grave encore ; est de réveiller l'âme de certains petits "Hitler". Personne ne reste sans ignorer qu'une certaine forme de pouvoir autorise conduit certains, aux pires des excès. Enfin, arriver à vouloir légiférer quand des centaines de millions d’hommes, cherchent désespérément à vivre ou à survivre. C’est une honte ! Pour quelques cas épars, chercher une solution pour tuer légalement et risquer des dérives graves. Le paradoxe suivant me gène ; Tant d'argent dépensé pour sauver des vies, pour finir par euthanasier ceux que l’on a sauvé. C’est une hérésie, un non sens. Que l’acharnement thérapeutique soit remis en question, oui, certains soins intensifs également. La vraie question est là ; doit on continuer l’acharnement thérapeutique ? Le problème de notre société est de toujours traiter les conséquences et jamais les causes. Ce qui in fine ne résolue rien du tout. Alors commençons par le début ! ! Si l'idée même de la souffrance est devenue intolérable, c’est que l’homme l’a rendu intolérable. Si dans notre société la souffrance ne doit plus exister, alors faisons en sorte de ne pas aller contre les lois de la nature également.
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J'ai suivi hier soir la retransmission de "C dans l'air" sur ce sujet. Présence de Mme Humbert (j'orthographiais mal), qui voudrait une législation plus souple, mais son cas est vraiment trés particulier et elle a dénoncé à juste titre le manque de centres de soins palliatifs, de formation des personnels soignants à ces questions qui sont tous demandeurs, en précisant que de toute façon son fils ne pouvait pas en bénéficier puisqu'il n'était pas en fin de vie, et qu'il aurait encore pû vivre 30 ans dans son état !!
Les autres intervenants (avocat, immunologiste et cancérologue) ont trouvé que la loi de 2005 était déjà une grande avancée "humaine" et que justement le manque de structures rendrait une loi légalisant totalement l'euthanasie trés dangereuse : par manque de places dans les centres de soins palliatifs, par manque de personnels qualifiés, la décision d'"aller au plus facile" serait tentante ! Et que maintenant, souffrir ne devait plus exister : restent l'accompagnement, la présence et l'entourage à assurer!
Emission assez encourageante pour les prises de décision à venir de la part de l'UMP en tout cas : j'ai entendu J.Lang dire qu'une nvelle loi permissive était dans le programme du PS.
le seul problème est, à mon sens, celui de la souffrance intolérable : et elle existe, aussi bien morale (le cas de Vincent Imbert dont je comprends le désir de ne plus vivre mais dans l'incapacité de mettre fin seul à ses jours), que physique, quand ces souffrances ne peuvent aboutir qu'à la mort . J'ai aussi connu ça avec ma mère, métastasée à la colonne vertébrale et qui ne pouvait pas bouger au lit sans se fêler une côte et qui a souffert un martyr quotidien de + d'un an, sans que la morphine ne la soulage : elle n'a jamais demandé "d'aide", semblant heureuse d'être entourée des siens. Mais quand les poumons furent pris, et sentant que sa fin approchait, notre médecin, qui était un ami, a estimé qu'elle en avait assez enduré et nous a fait comprendre par la suite, à mots couverts, qu'il avait "forcé" sur la dernière perf de chimio pour accélérer la fin et lui éviter la mort atroce des cancéreux du poumon ; cela ne nous a pas choqués bien que ma mère n'ait rien demandé (mais elle était si épuisée...) et bien qu'il ne nous ait pas questionnés : nous lui en étions plutôt reconnaissants ! Ce calvaire durait depuis prés de 2 ans ! Sans aucun espoir de guérison.
En revanche mon père a eu une tumeur au cerveau : pendant environ 18 mois, et aprés une trés lente déchéance générale, il ne nous reconnaissait plus, tenait des propos totalement incohérents, mais n'a jamais souffert physiquement et était totalement inconscient de son état : j'aurais été scandalisée que l'on nous propose d'"abréger ses souffrances", qui n'auraient en fait été que les nôtres, comme dans le cas de Carole !
C'est pourquoi je vous rejoins quand vous parlez d'acharnement thérapeuthique qui ne doit plus exister (c'est inutile et inhumain) et d'obligation de soulager les souffrances inutiles puisque les progrès de la médecine le permet dans la plupart des cas.
Cela ne résout pas les cas comme celui de Vincent Imbert. Difficile question pour légiférer ! En revanche, traduire sa mère et son médecin aux Assises me paraît assez moyen-âgeux.