Partager l'article ! Pierre Bergé s'obstine !: Comme il est étrange d’avoir des lois ou une éthique à géométrie variable. Le couple Bergé-YSL ...
Comme il est étrange d’avoir des lois ou une éthique à géométrie variable. Le couple Bergé-YSL avait acquis légalement, si il est possible d’appeler légal la vente et l’achat d’œuvres volées, ces fameuses statuettes pillées au XIX siècle par les franco-britanniques à la Chine, alors qu’elles se trouvaient au Palais d’été de Pékin.
Des questions se posent :
Pour la France ces statuettes ne seraient-elles pas attribuées au Patrimoine chinois ?
Peut-on acheter et vendre publiquement, dans un pays civilisé, des objets volés à d’autres pays, sans heurter la morale ?
Le vol n’est-il pas manifeste, même si la Chine n’a fait aucune demande préalable auprès de l’Unesco pour les récupérer ? (L’Unesco est habilité à recevoir les demandes de restitution, mais la convention n’est pas rétroactive et ne concerne que les pièces volées après 1970). Il faudrait donc remanier les textes.
La France, elle-même, a rendu, comme beaucoup d’autres pays d’ailleurs, des objets culturels dérobés ; alors pourquoi ces pièces ne retourneraient-elles pas elles aussi à leur pays d’origine ?
Pourquoi un citoyen lambda serait-il condamné pour recel après avoir acheté ou vendu un portable volé, d’une valeur de 30 euros, et pourquoi un homme d’affaires ne le serait-il pas après avoir acheté, puis vendu pour 31, 4 millions d’euros des bronzes sachant pertinemment que ceux-ci avaient été volés ?
Un vide juridique peut-être en matière de vol de guerre ?
Monsieur Bergé évoque les Droits de l’Homme qui seraient bafoués en Chine et le conflit tibétain pour justifier son refus de restitution ; mais de quoi me mêle-je !
Monsieur Bergé est-il habilité et est-il en position de juger publiquement les pratiques chinoises
? A ma connaissance, non.
Serait-ce Ségolène qui lui aurait soufflé ce contenu réprobateur ?
Mais les occidentaux ont la fâcheuse manie de considérer que, tout ce qui est à l’origine, aux autres, doit leur appartenir ; même par le vol.
Si je trouve choquant, au XXI siècle, de vendre sur la place publique des oeuvres volées, il est encore plus choquant de constater ce refus de restitution après la demande adressée par les autorités chinoises.
La ruse de sioux de l’acheteur chinois a donc été un moyen de sensibiliser les opinions
sur cette affaire. Je trouve qu’il a eu raison d’agir ainsi ; et je trouve même l'idée, assez drôle.
Mais ne serait-il pas décent et normal que ces statuettes soient restituées au pays à qui elles appartiennent ? Inversons simplement la situation pour nous faire une idée de l’état d’esprit
de la Chine devant une telle fin de non recevoir.
Quoi qu’il en soit, monsieur Bergé...dépité, a décidé de remettre cette tête de lapin et de rat, autour de son Picasso, chez lui. Quel drame !
Une autre question importante se pose : Pierre Bergé
n’aurait-il pas suffisamment d’argent pour financer la carrière de Bécassine ;-)))) ?
En tout cas, il ne fait preuve d’aucune bravitude dans l’obstination.