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L
les médias décryptent, décortiquent et analysent dans les moindres détails avec l’aide de chercheurs du CNRS, de spécialistes en communication, de sociologues, de
philosophes, de journalistes, le cas de Nicolas Sarkozy et son comportement. Il est devenu le cobaye qui est disséqué par tous, et cela au quotidien.
Le Chef de l’Etat est devenu le sujet de dissertation, d’attention, de critiques et d’éloges en France et à l’étranger. Mais aucun
n’a eu l’analyse qui va suivre.
Est-il aux yeux de certains le mutant politique dont nous avions
besoin ? Pour d’autres il serait une véritable star politique ou encore un excellent acteur ? Peut-être est-il tout simplement un homme qui déteste les contraintes protocolaires et qui
sème la confusion en révolutionnant un peu trop rapidement la fonction présidentielle ou, à l’inverse, en le faisant à mauvais escient.
Il a été très intéressant d’observer les réactions concernant sa nouvelle vie privée ; celles-ci furent malgré tout pour moi
d’ordre affectif aussi bien chez les Français que chez les médias.
En remontant quelque peu en arrière
et en synthétisant, Nicolas Sarkozy, alors candidat à l’élection présidentielle, avait été quitté en pleine campagne par son épouse Cécilia. Déjà très médiatisé et confirmant de jour en jour sa
capacité à gouverner il devint de par cette première rupture conjugale un proche, un familier. Son épreuve sentimentale l’humanisait profondément chacun pouvant ainsi le comprendre ou
s’identifier à lui. A partir de ce jour il conquit d’ailleurs bon nombre d’hommes qui n’était pas des sarkozystes acharnés. Le dominant était faillible. Cette faiblesse naturelle chez chacun en
pareille circonstance lui conférait de par son rôle et ses ambitions une dimension accessible, tout en devenant un héros qui, malgré l’épreuve, restait debout en continuant son combat là où
d’autres seraient déjà tombés.
Par la suite, l’amoureux reconquit sa belle et, ensemble, ils
accédèrent à la victoire élyséenne. Nicolas Sarkozy continua de vanter publiquement les mérites et les qualités humaines de son épouse nous prouvant ainsi, l’amour qu’il lui portait et qu’il
aimerait que nous lui portions. Un bel exemple de pardon, de réconciliation qui pouvait rassurer en même temps tous les couples de France et de Navarre. Puis coup de théâtre ! Le divorce par
consentement mutuel du chef de l’Etat et de la première dame de France est annoncé officiellement. L’homme se retrouve de nouveau seul mais, cette fois-ci, dans son grand palais ; il
recouvre en même temps son statut de héros moderne bravant la solitude et assumant sa totale déréliction. Mais désormais il appartiendra tout entier au peuple. Celui qui doit protéger son peuple
sera aussi protégé par lui.
Alors que nous attendions l’arrivée de Jésus, une semaine avant celle-ci,
nous assistons à l’arrivée tonitruante de Carla Bruni dans la vie du président. Mais l’avènement n’a pas été accueilli avec ferveur et enthousiasme. Il est étonnant de constater que, dans la
grande majorité, les hommes, eux, qu’ils soient connus, qu’ils soient des proches, des voisins ou des commerçants n’aient pas apprécié cette nouvelle idylle. Les femmes restant également très
sévères face à cette nouvelle élue de cœur. Cela peut s’expliquer. Cette situation renvoie aux propres peurs de chacun : celle du divorce entériné, de la dislocation de la cellule familiale,
de l’oubli par l’autre et des phantasmes refoulés. Les affects se sont alors exprimés et le chef de l’Etat a été jugé et condamné pour avoir contribué à faire rejaillir ces angoisses ou ces
désirs inavoués. Il a jeté à la face du monde des réalités qui effraient et qui normalement se taisent et se vivent en privé.
Les hommes retrouveront le mâle dominant, le rival sexuel… comme l’aurait si bien dit Sigmund, et les femmes auront l’angoisse de ne pas être aimés sincèrement et d’être oubliés trop vite. Et
celui qui était devenu un proche et un allié avec ses déboires sentimentaux redevient l’étranger à la tête du pays.
Les femmes et les hommes seront renvoyés à cette autre crainte, celle de savoir si, ils et elles, comptent vraiment et pour
toujours aux yeux de leur époux (se) ou conjoint(e) et si leur histoire d'amour peu s'achever de la même façon. Car deux mois seulement après sa séparation définitive et ses dernières
démonstrations d’amour envers son épouse, Nicolas Sarkozy, en aime déjà une autre ! Ce qui remet totalement en question la sincérité de ses sentiments envers Cécilia il y a encore peu et,
pour le citoyen lambda, la sincérité de son partenaire. Il s’affiche en plus à Disney et en vacances avec l’enfant de sa nouvelle fiancée faisant penser qu'il a oublié le sien. La fibre
maternelle et paternelle va s’exprimer à la vue de cette nouvelle famille qui officiellement n’en est pas une et qui, efface d’un seul coup de flash, l’ancienne. Les codes et les valeurs
familiales que l’on défend sont balayés d’un revers de main, trop vite, et cela fait peur à tout le monde. Le vécu de chacun est en danger.
Aurait-il été préférable pour l’opinion publique que la future première dame s’appelle Ginette Boursin ? Sans doute. Carla
Bruni incarnant une espèce de femmes mangeuses d’hommes, elle s’écarte définitivement de l’image d’Epinal, du style de la mère et de l’épouse dévouée et amoureuse qu'espérent les
Français.
Sachant que le cœur a ses raisons que la raison ignore, que l’amour rend aveugle et que seul le mariage peut lui rendre la vue ; il faut rester tolérant ( !!!!) Cette rapidité et
cet empressement à vouloir reconstruire une histoire en effaçant définitivement l’autre, surprennent. Ne serait-ce pas aussi la réponse médiatique du berger Nicolas à la bergère Cécilia ?
Mais ces raisons, quelles qu’elles soient, peuvent également inquiéter politiquement puisqu'elles nous sont livrées implicitement.
L’analyse sera simple à faire pour les uns et la question le sera encore plus pour les autres : Comment lui faire confiance désormais quand on le croît sincère ? Et le héros malheureux
d’hier devient un suspect.