Mardi 8 janvier 2008
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Le prix de la vie ?
Aujourd’hui et, chaque jour, les JT ouvrent en règle générale sur un accident mortel en le tournant en drame humain. La presse écrite
développe également tous les accidents du quotidien comme si la mort accidentelle d’un individu était un évènement national. « La mort fait partie de l’Evènementiel ! » Qu’on se
le dise.
Si les hommes pensent, qu’il est prétentieux d'avoir des certitudes, ils en oublient à force de la rejeter que, la mort est la
seule certitude que nous ayons et qui soit irréfutable. Dès que nous naissons, nous sommes tous condamner à mourir.
Un pompier qui meurt en essayant de circonscrire un feu, un automobiliste qui se tue à cause du verglas, un mineur qui perd la vie soufflé par le grisou, un charpentier qui tombe du toit, un
marin qui se noie, un homme qui tombe de sa fenêtre, un alpiniste enseveli sous une avalanche, un femme écrasée sur le trottoir etc etc. Bref, toutes ces morts, aussi terribles
soient-elles, doivent-elles faire pour autant l’objet d’une information récurrente et circonstanciée ? Et, à ce titre, qu’elle valeur doit-on donner à la vie et que représente la mort
au XXI siècle ?
Une société qui à peur de la mort et qui la traite comme un ennemi à combattre, un fléau, est, non pas une société qui régresse, car encore
hier la mort était une étape naturelle de la vie et cela depuis la nuit des temps ; encore aujourd’hui elle le reste pour bon nombre de peuples sur cette planète. Une société qui a peur de
la mort n’est pas non plus une société qui évolue et qui s’élève. C’est une société qui s’enlise dans des convictions par peur d’elle-même et des autres. C’est une société qui se leurre
complètement sur l’immortalité ; c’est une société qui sombre dans les abysses de l’ignorance pour éviter de réfléchir à sa propre spiritualité, au sens profond de la vie et à la raison de
la mort…
Une société qui vous - in-ter-dit - de mourir en pondant des lois absurdes et liberticides, en mettant en place des soins intensifs,
palliatifs pour vous faire vivre en état léthargique mais, vire quand même, en nous contrôlant tous les jours sur nos façons de vivre, en nous culpabilisant et en nous punissant de ne pas êtres
soumis et dociles face à la dictature du « VIVEZ et MOUREZ» comme nous l’avons décidé, est une société en pleine décadence et intellectuellement
appauvrie. 
Les Droits de l’Homme : La formule est très belle ! Le Droit d’ingérence qu'il soit international ou au niveau de nos vies personnelles :
Est un non sens. Car il va exactement à l’encontre de ce beau principe des droits des hommes et des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Il y a encore peu, la vie humaine pesait très peu sur l’autel des valeurs ; aujourd’hui, c’est le contraire : son prix n’en finit
pas de grimper jusqu’à atteindre les sommets paroxystiques de l’incompréhension. La Culture du corps a décapitée celle de l'esprit. On nous farcie désormais la tête sur le bien-être
de nos vies pour nous sauver de nous-mêmes et sur l’utilité et l’obligation de devenir des vieillards centenaires certes, mais séniles et grabataires certainement ; tout en
sachant que notre système social et économique, lui, en mourra.
Et pendant que l’on vous exhorte, que l'on vous
ordonne de vivre comme il faut et de mourir comme les gouvernements successifs le décident, que l’on vous menace désormais si vous deviez mourir autrement ; ailleurs, la mort,
elle, n'est ni honorée ni remarquée. Les criminels internationaux, eux, continuent de retirer la vie par milliers tous les jours à des innocents. Chez nous, en
même temps, la mort du papy qui glisse dans son escalier en se faisant "le coup du lapin" devient un évènement plus important que les massacres perpétrés à nos portes.
L’égocentrisme croissant et le culte de la personne qui sont distillés insidieusement dans nos sociétés sont également une façon de nous empêcher de regarder ailleurs, de nous aveugler pour
continuer à commettre le pire. Alors ? Qui faut-il condamner ? La mort - principe de vie- , la mort inhérente à l’industrialisation et à la surconsommation capitaliste ou, ceux qui
tuent et font tuer ? Car ce n’est pas la même chose.
Bien sûr que c'est moche de vieillir et ce dans tous les sens du terme ! Quoi que de plus légitime alors que de lutter contre si l'on ne supporte plus de se voir devenir laid jour après jour ?
Bien sûr que la recherche scientifique, la pharmacopée nous offriront dans quelques années des remèdes à base de crèmes ou par transfusions de cellules adn jeunes pour régénérer et booster notre corps !
Tant qu'on a la santé, on a l'énergie de vivre et l'on peut étudier et travailler et avoir plusieurs vie !
Mais Nous sommes la première génération à avoir déjà plusieurs vie à vivre (professionnelle, personnelle) et à écouter Edgar Morin l'autre soir sur France Inter à plus de 80 balais, ça donne envie de vivre jusque là et au-delà !!!!
Que le JT se transforme en " rubrique des chiens écrasés", par contre , je ne vois pas trop l'intérêt.Oui , c'est dur de perdre des êtres chers ds un incendie ou dans un accident mais " c'est la vie".Est ce que le pays tout entier doit être au courant ?
Peur de la mort et peur de vieillir ( surtout pour les femmes) qui en amènent certaines à passer sous le bistouri , à se faire injecter botox ou silicone quitte à finir par toutes se ressembler : inexpression du regard et bouche pulpeuse.Marché très lucratif pour les chirurgiens.
Je pense que bien sûr il ne faut pas se laisser aller mais pourquoi vouloir absolument faire disparaître des rides ?
Sans doute à cause de regard des autres qui vous considèrent comme " une vieille peau" si vous êtes une femme et qui pensent que chez un homme les rides ça donne du charme.
Que la médecine aide à mieux vieillir c'est plutôt bien mais comme vous le dites, pourquoi s'acharner quand tout est fini ? A quoi ça sert de garder en vie une personne de 90 ans qui ne peut plus bouger et qui à perdu la tête ?
Mais la chirurgie esthétique touche aujourd'hui les hommes. Nombreux sont-ils à ne plus supporter leurs rides et bouées de sauvetage et le reste...
Le pire pour moi dans cet acharnement à vouloir nous garder en vie le plus tard possible est, que la grande majorité n'aura pas les moyens financiers pour vivre décemment une vieillesse dorée.
Ne pas se laisser aller, profiter des progrès de la médecine (la vraie, celle qui fait de la prévention et qui soigne) et vivre plus longtemps - si c'est en "bon" état - sont évidemment naturels.
Mais nous avons dépassé ce stade, et l'évolution des mentalités vers le refus de vieillir et d'accepter la mort est ultra-rapide ! Et tellement néfaste psychologiquement, puis que nous n'y pouvons rien !!
Je ne sais pas si nous avons atteint le fond : je crains que non, et il y aura forcément un retour de bâton très dommageable.
PS : au fait, bravo Diatala pour l'effort artistique de présentation de votre blog, qui évolue sans cesse...très beau design. La petite boîte aux lettres "e-mail" en bas de page est adorable : on a envie de poster illico ! :-)
Ces sociétés ne feront que de + en + de dépressifs et d'insatisfaits ; c'est tout. Car ces refus dont nous parlons démontrent un mal-être significatif évident. Car l'apparence ne suffit pas à conditionner au bien-être l'existence de chacun. Et les assistés et les maniaco-dépressifs fleuriront en masse. Sinon vous pouvez poster Anne !
Magnifique billet, Diatala !
J'y ajouterai cette dérive, qui va dans le sens du refus absolu de la mort : le jeunisme. Ce besoin de plus en plus croissant, de plus en plus accessible à tous, de modifier son image, pour (se) donner l'illusion que le temps ne passe pas, et qu'il ne nous rapproche pas inéxorablement de l'échéance si naturelle.
Mais c'est juste un petit développement de la culture du corps que vous évoquez.
Comme le disait si bien Coluche (déjà, il y a vingt ans !) : "Nous mourrons tous, mais au moins en bonne santé" ! On peut rajouter : et jeune ! C'est bête quand même...mais apparemment, ça rassure ?
"
Pour conjurer cet affreux sort, il a inventé les dieux, une vie après la mort au paradis pour les bienfaiteurs, l'enfer pour les déviants, criminels et autres figurent humaines peu recommandables !
pfff ! quelle imagination débordante !!
Notre société ne croit plus vraiment en dieu et encore moins au paradis éternel ! Alors évidemment la mort paraît encore plus effroyable surtout si elle avait pu être évitée par une meilleure hygiène de vie, un confort et une science performante des techniques médicales !!
Nous avons raison de réagir ainsi, tant que nous nous révolterons contre la mort, nous resterons en vie ! et travaillerons à repousser les limites de l'âge du vieillard impotent, diminué, honteux d'avoir perdu son humanité au fil des années !
Que d'années de vie gagnées depuis le début du 20ème siècle !
A 50 ans, une femme en 1900 était une vieille, usée par des maternités à répétition, et des travaux pénibles ! Aujourd'hui, elle est jeunes, belle et dynamique et souvent revit de nouvelles aventures amoureuses !
Mais en 2008, dans nos sociétés modernes tout être humain devrait avoir la facilité d'arrêter sa vie quand il le désire, tout comme chaque être humain décide de donner ou non la vie sans que cela choque !
Les nécessités et les besoins des hommes ne sont pas obligatoirement ce qui conduit à l'essentiel et au Savoir.